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De nouvelles formes de travail…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Pendant des siècles les formes du travail n’ont pas changé. Il y avait ceux qui ne travaillaient pas : clergé, quelques exceptions dans les couvents, les nobles, les militaires, si on entend par travail l’acte économique de production...

 

 

... Il y avait la masse des travailleurs du « primaire » secteur agricole enfin le monde des commerçants, en interne ou dans les relations internationales en développement. En fait dans la majorité des cas on travaillait à l’endroit où l’on demeurait.

La révolution industrielle du 18° siècle va modifier ces structures bien établies. La création d’usines va conduire à une dissociation entre lieu de résidence et lieu d’exercice de l’activité. Le secteur primaire va se vider au profit du secteur secondaire, (industrie), on habite à un endroit, souvent dans des conditions difficiles, on produit des biens ou des services dans un lieu souvent éloigné. Le travail à domicile, disparait peu à peu, un nouveau lien se crée entre lieu de travail et production, domicile et travail sont désormais séparés, d’où ces villages dortoirs qui entourent les grandes villes.

La crise que nous vivons, suite à l’épidémie du virus a tendance à faire éclater ces structures. Il faut garder une certaine distance avec ses voisins si l’on veut éviter la contagion, travailler au bureau ou à l’usine cela implique les mêmes séparations dans les transports ou les lieux de restauration. C’est donc un nouveau type de société qui est en train de naître. Les expériences en cours à la suite du confinement semblent plutôt favorables à ce nouveau type d’organisation : vie familiale plus solidaire, meilleure organisation pour les enfants qui peuvent suivre leurs cours et rentrer à la maison auprès des parents.

Est-ce enfin la solution pour le monde du travail ? Oui pour les services et pour certains types d’enseignement, pour de nombreuses liaisons internationales que l’on peut éviter par une simple opération informatique, mais peu vraisemblable pour les productions de certaines usines comme l’automobile ( sauf les centres de recherche), ou le textile, la construction, ou des activités qui exigent une présence continue comme le monde de l’hôpital.

. Beaucoup de chroniqueurs pensent que l’on a enfin trouvé une solution grâce au progrès technique, mais quelle réponse pour la famille qui n’a pas d’ordinateur ou vit dans une campagne éloignée, mais surtout quid du lien social qui disparait, les copains que l’on ne voit plus et l’enrichissement intellectuel qui n’existe plus ?

Un monde nouveau dont le coté collectif et relationnel doit être réécrit, cela demandera du temps et de la bonne volonté, quand on voit l’état psychologique des jeunes et leur relation avec le monde du travail, on ne peut qu’être inquiet.   Deux possibilités : un monde nouveau se fera peu à peu ou ce sera le chaos ?