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Le Congrès de Vienne en 1815 un exemple à méditer

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le 18ème siècle, grand siècle littéraire et de fermentation des idées, ne peut être considéré comme un exemple de perfection en politique, cette période étant marquée par une remise en cause des structures monarchiques autoritaires, mais surtout par trop de guerres et de destructions...

 

 

... Il se termine en 1815 avec la chute de Bonaparte et jusqu’en 1848 par un certain apaisement politique et social. Toutefois lors du Congrès de Vienne, organisé par le Chancelier Metternich, certaines formes de négociation de l’Ancien Régime subsistent.

En 1815 la France est anéantie, les soldats étrangers sont partout, Louis XVIII après sa fuite à Gand en Belgique, pendant les 100 jours, essaiera de rétablir un ordre gouvernemental, tâche difficile. A vienne le congrès se tient de septembre 1814 à juin 1815, avec deux Empereurs, une quinzaine de rois et 200 princes. Cette grande réunion a pour but de rétablir de l’ordre en Europe au profit des monarchies autoritaires, Prusse, Autriche, Russie, Bavière, Danemark… avec un retour à l’ordre monarchique et aux valeurs de la religion, en dessinant les nouvelles frontières. Une des particularités de ces négociations doit être signalé : la France, bien que militairement vaincue, participe aux négociations en la personne de Talleyrand, ancien collaborateur de Bonaparte, resté fidèle à Louis XVIII, lequel a défendu la position française avec succès. Seul regret, la question de l’identité des nations, encouragée par la France, est abandonné au cours de cette réunion diplomatique.

En 1815 on signe la paix, alors que le 11 novembre 1918 n’est qu’un armistice et non la paix. L’Allemagne et l’Autriche ne sont pas envahies, et les soldats allemands regagnent leur territoire sans le sentiment d’être vaincus. Le traité de Versailles est signé dans la Galerie des Glaces où l’Empire Allemand avait été proclamé en janvier 1871. Aucun responsable allemand ne participe aux négociations ; le Traité est préparé par Clémenceau et Lloyd George, contenant des clauses très dures et humiliantes pour nos anciens adversaires, sans se donner les moyens pour les mettre en œuvre. C’est l’époque de « l’Allemagne paiera », puisqu’ elle est considérée comme étant à l’origine de ces destructions et de cette guerre. L’Allemagne vit ensuite une période d’instabilité pendant la République de Weimar. Arrivé au pouvoir en 1933 Hitler a canalisé ce sentiment d’humiliation jusqu’ à la défaite de la France : signature de l’armistice à Rethondes dans le wagon de 1918 ; lequel a été envoyé ensuite en Allemagne et détruit par les SS en 1945. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un nouveau wagon a été mis en place dans la clairière de la forêt de Compiègne. Quant à Hitler quelques jours après l’armistice il est venu un matin visiter Paris et le tombeau de Napoléon…En 1918 Français, Anglais et Américains ne supportaient plus cette guerre dont ils étaient convaincus que l’Allemagne était responsable, mais les allemands encouragés par Hitler voulaient une revanche. Elle a conduit, à l’écrasement de ce pays en 1945 !   

Le traité de Sèvres du 10 Août 1920 confirme la fin de l’Empire ottoman, signé par l’Empereur Mehmed VI, il n’a jamais été appliqué. L’Empire renonçait à ses provinces arabes et africaines. Là encore les alliés n’ont pas accepté la présence des turcs vaincus, lors des négociations. La Turquie actuelle est membre de l’Otan, ce qui n’empêche pas le Président turc actuel de revendiquer la reconstitution de l’ancien Empire Ottoman et de créer de fortes tensions avec la Grèce et Chypre, pour des raisons de recherche pétrolières, la France se mêlant de ce conflit…

Eviter l’humiliation des vaincus, quand on voit la position de la Chine et de la Russie, sures de leur bon droit et de leur puissance, on peut rester perplexe ; peu de dirigeants se soucient actuellement d’un certain code de l’honneur !