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Flux migratoires l’UE a-t-elle trouvé une solution…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Les migrants, on en parle depuis des années, surtout en Europe. Certains pays voient des jeunes, des vieux, des enfants, se diriger vers ce qu’ils pensent être une solution, c’est-à-dire l’Europe, pour mettre fin à la misère et aux guerres leur donner un espoir de vie...

 

 

... Est-ce un phénomène nouveau, dû aux désordres du monde actuel ? En fait on trouve ce phénomène dans différentes régions du monde et à de nombreuses époques.

Pour le Bassin méditerranéen et depuis l’époque romaine, dès que le pouvoir impérial a faibli, on a vu des hordes germaniques, des wisigoths, des ostrogoths…franchir les frontières du monde romain pour s’installer dans le monde occidental ( la coupure de l’empire en deux parties, occidentale et orientale, n’ayant rien arrangé). On a connu aussi les mouvements de population dus à des erreurs politiques comme la rupture de l’Edit de Nantes qui a conduit les protestants à se diriger vers l’Est. Dans la période récente l’exode des juifs après la Shoa, et à la fin de la deuxième guerre mondiale le transfert des populations allemands vers l’Ouest.

Il y a aussi les migrations internes dans chaque pays compte tenu des situations économiques et démographiques. Mais cette fois, les mouvements de population sont massifs, provenant d’une partie de l’Afrique, du Moyen Orient ou même de territoires à la limite du monde occidental comme l’Afghanistan ou l’Ethiopie ; toujours le même trajet : aller vers l’Ouest, traverser un morceau de la méditerranée pour aboutir en Grèce, à Maltes, à Lampedusa ou en Italie. En 2015 les flux ont été tels que ces pays ont comme l’Italie fermés leurs frontières et fait appel à l’Union Européenne.

La réponse a été très modérée ou même purement négative comme cela a été le cas dans les pays su groupe de Visegrad (1) Il a fallu le drame du camp de « Moria »sur l’île de Lesbos, pour que l’Europe se décide à ouvrir le dossier. Il a été présenté le 23 septembre par la commission Européenne sous le nom de « Pacte pour la migration ». Il fait état de la nécessaire solidarité en particulier pour assurer les secours en pleine mer, compte tenu des naufrages, une meilleure sécurité des frontières et développer les contacts avec les pays d’origine de ces populations pour aider au retour dans leur pays d’origine. Les formalités pour l’accueil seraient simplifiées, en particulier la suppression de l’accord de Dublin qui permet d’exiger que le pays d’entrée soit seul responsable de l’instruction des demandes d’asile il serait remplacé par un contrôle à la frontière de l’Union pour savoir si la demande de l‘intéressé est recevable, dans le cas contraire il pourrait être renvoyé dans son pays d’origine. En cette fin septembre il faut attendre la position définitive de l’UE, la réponse ne sera pas aisée, compte tenu des pays de l’Est opposés à toute entent sur le problème des migrants.

Il est toutefois une question qui n’est pas évoquée dans l’article du Monde, mais c’est à vérifier. On met en place une procédure d’accueil, et ensuite quel sera le sort de ces migrants ? Sous Louis XIV ou à la fin de la deuxième guerre mondiale, on ne s’en souciait pas, mais vu l’importance des transferts de population on ne peut éviter cette question. Que vont devenir ces populations qui ne parlent ni le français, ni l’anglais, ni l’italien…sans ressources, sans formations ? Après Moria (2 ) elles vont aller dans d’autres camps, sans formations, sans assistances ? Quand on connait en France les campements à Calais ou près des grandes villes comme Saint Denis ? Il faut tenir compte des phénomènes de rejets par les autochtones, un oubli ou une question sans réponse ?Quel  contenu pour la solidarité ? Tous les auteurs sont d’accord, l’intégration des « barbares » après la chute de l’Empire Romain a été longue et difficile. A part les discours, que peut faire l’UE ?

  1. Le groupe de Visegrad comprend : la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie.
  2. Le camp de Moria était installé sur l’île de Lesbos.