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Etre membre de la même communauté ou être indépendant…(2)

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Dans une note précédente on a rappelé que l’histoire des peuples est constamment marquée par cette dualité : accepter les règles  de la même communauté ou être indépendant. Régulièrement ceux qui détiennent le pouvoir ont le désir de l’assurer sur le plus grand nombre de territoires. La France n’a pas échappée à ce scénario...

 

 

 

En 1532 la Bretagne est annexée par le Royaume de France, elle perdra son autonomie et son  Parlement lors de la Révolution. Cette Union apparemment acceptée, n’empêche pas des oppositions locales, l’existence de partis luttant pour l’indépendance comme « l’Union démocratique bretonne » ou le » Parti breton », lequel lors d’une manifestation récente a demandé le rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne, ce qui correspondrait à une réunification de la région,  en outre lors d’une réunion du Conseil régional son Président a demandé la création d’une Assemblée Unique de Bretagne par fusion du Conseil régional et des conseils généraux, on se rapproche de l’autonomie  ou de l’indépendance ?

Le 5 mai 1768 Louis XV, sur conseil de son Ministre Choiseul, achète la Corse à la République de Gênes, une opposition se manifeste immédiatement, la demande d’indépendance, dirigée par Pascal Paoli, est écrasée par l‘armée française. Malgré l’épisode Bonapartiste les actes de rébellion sont fréquents au 19ème  et 20ème siècle, le parti « Corsica Libera » demande l’indépendance alors que d’autres comme « Femu a Corsica » seraient plus favorables à l’autonomie. Les manifestations violentes sont fréquentes et ce malgré, les assouplissements accordés par Paris : existence d’une collectivité territoriale, l’Assemblée de Corse est élue au Suffrage Universel, mais son Président n’exerce pas le pouvoir exécutif, lequel dépend d’un Conseil Exécutif. L’opposition est toujours très forte en particulier lors de manifestations régionalistes.

On a souvent parlé du Pays Basque avec l’ETA et ses attentats, situation délicate, cette province étant à cheval sur l’Espagne et la France, mais avec l’existence de la « Communauté autonome du Pays basque » rattachée  à Madrid toutefois avec un gouvernement disposant de l’autonomie fiscale, de son enseignement et d’une police.

Il faut noter que les demandes d’indépendance sont toujours nombreuses dans plusieurs pays : la Catalogne, l’Ecosse, et bien que plus discrètes au moins l’autonomie dans certaines parties de l’Est de la France.

Pourquoi ces territoires n’acceptent pas l’intégration dans la Communauté à laquelle ils sont rattachés, certes avec des garanties ? Pourquoi le refus de partager des buts communs au lieu de choisir la violence, comme c’est le cas au Moyen Orient ? Question de culture et surtout de domination liée à la nature humaine. Pendant longtemps le pouvoir central tenait ferme ses opposants, ce n’est plus le cas. D’autant que le développement de l’instruction, des connaissances, des moyens techniques : trains, voitures, avions, informatique… font connaître rapidement partout les idées nouvelles. A cela s’ajoute désormais la perte de confiance dans le pouvoir qui a perdu son aura…Mais l’indépendance pourquoi faire ? quand les ressources et les revenus manquent ? La Corse, la Catalogne ou Hong Kong devraient conserver des liens avec leur ancien pays, au moins pour des raisons économiques.

Où allons-nous ? : vers des sociétés éclatées dans lesquelles le terme démocratie a perdu sa signification ou alors, et c’est à craindre, des pouvoirs forts et dominants où l’humain n’existe plus, sur l’exemple de la Chine ou de la Russie ?