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Relocaliser Industrie et Services en France…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le vingtième siècle a été marqué à la fois par le développement de l’économie et par des guerres meurtrières, toutefois à partir des années 50 on reconstruit au milieu d’un relatif calme international.  Pendant, ces cinquante dernières années  un courant économique refait jour dans beaucoup de pays, particulièrement en Europe, celui des coûts comparatifs : pourquoi produire dans un pays A alors que les coûts sont inférieurs dans le pays B. Pourquoi se priver d’une telle opportunité ?

 

 

 

Pendant un temps tout va bien : on crée des établissements ou des filiales à l’étranger, le droit fiscal international ne s’occupe pas des transferts de résultats, avec l’Euro pas de problèmes. On est en présence d’une mondialisation de l’économie. Certains pays sont plus en avance que d’autres, évidemment un peu de patience. Certes les pays « bon marché » ne s’occupent pas trop des problèmes sociaux, un parmi tellement d’autres…

Une guerre, une révolution interne ? Non, mais une pandémie qui tue des milliers de gens fait exploser le chômage et arrête de nombreuses productions qui étaient importées jusqu’à ce jour. Ainsi, en pleine pandémie la France s’est aperçue qu’elle n’avait plus de masques de protection contre le virus, que certains produits nécessaires pour obtenir des médicaments étaient produits à l’étranger qui désormais voulait les conserver…

Pour gagner un peu d’argent on a mis en péril une partie de la population ? Quand demandera-t-on des comptes aux responsables précédents ? Voler un fruit à l’extérieur d’une boutique, quelle peine encourt-on ? Certes le gouvernement a réagi, le chômage, d’après les informations obtenues par Le Monde seraient moins important que prévu (1), mais dans certains secteurs : restaurations, transports, hôtelleries, petits commerces, automobiles…le chômage partiel est important et malgré les aides on est en présence d’une réduction du nouveau de vie (2) pour beaucoup, sans compter les troubles psychologiques dus au confinement.

Les aides sont de nature gouvernementale : aide aux entreprises en difficulté, maintien d’un salaire minimum pour les salariés au chômage, «Plan de relance» du 3 septembre 2020 (3) portant sur un «un plan d’investissement pour tous les français » et surtout l’aide de 750 milliards accordée par l’UE, dont une partie seulement sera remboursable. Aide dont la France devrait bénéficier pour 40 milliards d’euros, Bloqué un bon moment par l’opposition de trois pays de l’Est (Hongrie, Pologne, Slovénie), pour des raisons internes à ceux-ci (respect de l’Etat de droit), la Pologne et la Hongrie ayant levé leur véto le 10 décembre 2020, le plan de relance (3) pourra être mis en place. A noter l’intervention de la Banque Centrale dont le montant est porté à 2.400 milliards d’Euros. Toutes ces aides seront-elles suffisantes ? D’autant que cette crise est compliquée par le problème du BREXIT, que se passera-t-il le 31 décembre ? 

Le gouvernement n’est pas responsable du coronavirus, mais de l’impréparation de notre pays dans cette période, « Gouverner c’est prévoir », mais pourra-t-on relocaliser à temps, lorsqu’on sait qu’une troisième vague se prépare ? On ne relocalise pas des activités qui ont été créées peu à peu  pendant des années dans un contexte local  sur simple décisions ministérielle, comme disait Michel Crozier « on ne change pas la société par décret»(4) Relocaliser des productions de biens (industrie lourde ,légère ?), à condition que les pays producteurs de biens rares acceptent de nous les vendre (Inde, Chine…), Quant aux services cela parait difficile ,sauf les financiers ? Le virus nous laissera-t-il le temps…

  1. Le Monde du 21 novembre 2020 « Des relocalisations encore insuffisantes » ;
  2. Le Monde du 12 décembre 2020 ;
  3. Plan de *relance du 3 septembre, Point Gouv, dossier de presse, Plan France de relance ;
  4. On ne change pas la société par décret, Michel Crozier, Fayard 1979.