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L’Apprentissage une solution pour le chômage…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Dans toutes les crises il y a toujours un moment où des gens se disent compétents et affirment avoir la clé pour sortir des difficultés. Ainsi pour le chômage actuel, dramatique, compte tenu du Covid 19, d’après eux la solution est aisée : dans le cas du chômage il faut développer la formation pour permettre à ces jeunes et moins jeunes de reprendre une activité, et développer leur formation afin qu’ils puisent s’initier aux nouvelles techniques. Facile à dire, mais…

 

 

... La question de l’apprentissage est apparue avec la société industrielle. Jusqu’au 19ème siècle le monde paysan vivait de manière routinière, les travaux des champs ne demandaient pas une formation très élaborée, souvent répétitive. Le changement des structures de production implique la connaissance des outils et des machines lesquels se modifient de plus en plus vite. L’ouvrier doit se tenir informé en permanence des nouveaux outils avec lesquels il doit travailler. Les premiers clivages sont apparus entre ceux qui étaient capables de se former et ceux qui ne l’étaient pas. Distinctions dans le monde du travail avec ses conséquences…

Le 20ème  siècle lancé dans une concurrence entre toutes les nations, a encore accentué cette lutte pour être les meilleurs et les plus performants, obligation  poussée dans cette direction par le développement de la science et des découvertes toujours plus sophistiquées. Au 21ème  siècle comment se présente le monde du travail, en fait on retrouve les trois mêmes groupes de salariés :

  • La couche des privilégiés qui ont vécu dans un milieu familial porteur, leur ouvrant des voies, essentiellement des diplômés ;
  • Une couche intermédiaire, comprenant des garçons et des filles dont les études sont restées incomplètes, mais qui par l’apprentissage, la voie syndicale, des examens internes à l’entreprise ont réussi à se créer une place dans notre société industrielle ;
  • Le troisième ensemble comprenant ceux qui n’ont que des petits boulots (boulots de merde (1), et qui ne pourront jamais, malgré leurs efforts à progresser vers des emplois stables leur ouvrant de nouveaux horizons, (2) avec ou sans apprentissage…

Le tort de nos gouvernements, dits démocratiques, c’est de nier la réalité et de leurrer le bon peuple, jusqu’au moment où le vécu les conduit à des actions de violence, à terme inutiles, mais qui permettent de libérer le trop plein d’énergie. Pourtant les gouvernements ont plusieurs moyens pour lutter contre le chômage 

  • L’apprentissage que nous venons d’évoquer, avec les limites connues ;
  • Les aides, pour payer le loyer, la nourriture dont la dernière forme en France consiste à offrir des repas à 1 euro pour les étudiants sans  ressources, des aides au logement, la gratuité des soins…
  • Une idée largement débattue lors de la présidentielle de 2017 : va refaire jour, pour l’instauration d’un salaire minimum ou d’une garantie jeune universelle, ces propositions un peu oubliées, refont jour avec la pandémie et le drame des étudiants, afin de ne pas être en présence d’une génération perdue, on attend les décisions des responsables politiques. D’autre part que va faire Madame Ursula Von der Leyen à Bruxelles, ayant déjà une tâche difficile avec ls livraisons de vaccins

(1)« Boulots de merde », Brygo et Lyran la « Découverte »

(2) Le Monde des 10 et 11 janvier 2021 « limiter la casse ».