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L’Empire Ottoman n’est pas mort en 1920…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

L’empire Ottoman a vécu six siècles, depuis les années 1299 à 1920. Il est passé par trois phases : une de forte expansion territoriale jusqu’à la fin du 15ème siècle, avec des sultans conquérants et prestigieux comme Soliman le Magnifique, lequel s’empare de Belgrade, de Rhodes, de la Hongrie mais échoue devant Vienne, quand il meurt l’Empire Ottoman est le pays le plus puissant du Moyen Orient...

 

 

 

...Cette situation durera jusqu’à la fin du 18ème siècle. Commencera une période de déclin marquée par des pertes de territoires comme la Grèce (ou s’est illustré Lord Byron), la Serbie qui obtient son autonomie. A la fin du 19ème siècle on parle dans toutes les chancelleries de « l’Homme Malade ». Compte tenu des accords signés avec l’Allemagne, la Turquie pendant la premiers Guerre mondiale a fait le mauvais choix, subissant les conséquences de la défaite allemande. Le 30 octobre 1918 l’Empire Ottoman vaincu signe avec les Anglais l’armistice de Moudros lequel sera suivi du Traité de Sèvres du 10 Août 1920, qui va créer deux nouveaux Etats, Arménien et Kurde, l’Anatolie étant divisée en zones d’influence (1) alors que Kemal Ataturk prépare la révolution qui fera de la Turquie une République. Le sultan Abdulmecid III abandonnera le califat et le pouvoir en 1924.

Jusqu’à sa mort en 1938 la Turquie est dirigée d’une main de fer par Ataturk. Pendant la seconde guerre mondiale elle reste en dehors du conflit, servant de « nid d’espions » entre les belligérants. Pendant un temps elle a essayé, en vain, de faire partie de l’Union Européenne, par contre elle est membre de l’OTAN. Nommé président en Août 2014, Recypt Erdogan change de politique, se rapproche de l’URSS et commence une politique agressive avec ses voisins en particulier CHYPRE et intervient militairement en Syrie, en Lybie, ce qui conduit la GRECE à mobiliser des troupes et sa flotte pour contrer la Turquie,  s’intéressant de très prêt à une zone pétrolière, proche de Chypre dont elle détient un tiers du pays, d’où l’inquiétude des nations occidentales.

Recypt Erdogan voudrait reconstituer l’Empire Ottoman, rejetant la division créée par le Traité de Sèvres. On se trouve devant la situation bien connue, dés qu’un Etat pense disposer d’une certaine puissance, en particulier militaire, l’esprit de conquête revient à l’ordre du jour. On est dans la même situation qu’avec l’Angleterre : nous ne sommes plus au 18ème siècle, on peut rêver du passé, mais il faut reconnaître les réalités du moment. Accepter la Turquie comme membre de l‘UE serait certainement une erreur. Elle est avant tout asiatique, certes marquée d’influence européenne mais de là à en faire un membre pleinement européen serait certainement une erreur. L’exemple anglais est devant nous. Le président Pompidou, certainement sincère, voulait à la différence du Général que l’Angleterre fasse partie de l’Europe, on connait la suite. De même que l’on ne change pas la société par décret, on ne force pas un peuple à modifier son identité : langue, religion, style de vie… L’empire Ottoman était moribond en 1920, mais Erdogan essaie de le faire revivre, peut être un leurre, mais la Turquie du XXIème siècle a encore un rôle à jouer dans ce Moyen Orient toujours en effervescence…