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BREXIT Les Anglais ne savaient pas ou ne voulaient pas savoir…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Que l’homme de la rue ou de la campagne ait ignoré toutes les conséquences  d’un Brexit dur, d’accord, mais que tous ces beaux esprits : parlementaires, conseillers qui passent leur temps à faire des conférences et des séminaires n’aient pas été capables de prévoir les conséquences de la politique suivie par les conservateurs les plus durs n’est pas croyable...

 

 

... En 2016 au moment du referendum c’était possible, mais après quatre ans e négociations, difficile à croire. Non seulement les milieux internationaux de la city ou des grandes villes savaient, mais deux raisons semblent avoir conduit à la situation actuelle : des élites incapables d’expliquer et de convaincre une majorité d’anglais, mais surtout un orgueil national chauffé à blanc. Quelques exemples :

  • Explication insuffisante, même situation en France, hommes politiques, médias sont incapable d’expliquer clairement une situation économique ; en voyant ces kilomètres de camions à l’arrêt au moment du Brexit, ils étaient incapables d’imaginer la situation à partir du 1er janvier, l’UE avait prévenu que même en l’absence de droits de douane, il y aurait des formalités administratives à remplir au passage de la frontière ? Certes dans le sens inverse, UE / GB exonération des formalités pendant six mois. Alors pas négociables, pendant les causeries qui ont duré quatre ans ? les marchandises perdues ? c’est un détail, et les nuits dans les camions à attendre ? Les anglais pouvaient et devaient savoir, on est en présence de l’irresponsabilité de tous les intervenants.
  • L’Irlande du nord, problème non résolu à terme puisque ce territoire est  toujours dans le Marché Unique et dans l’Union douanière européenne.  Conséquences : les marchandises de l’UE pour six mois entrent en GB avec des formalités réduites ; dans l’autre sens pas de droits de douanes, mais contrôles douaniers sévères (voir la file de camons attendant leur passage). Pour l’Irlande du Nord, pas de problèmes pour les marchandises  venant de l’UE ; mais Irlande du Nord vers l’Angleterre formalités douanières, et l’inverse ; on a rétabli une frontière supprimée avec  les accords de 2016. Qui oserait parler de libéralisation du marché ? Pas facile à expliquer, on aurait pu garder les règles en vigueur.
  • Mauvaise explication certes, mais les Anglais voulaient- ils vraiment connaitre les conséquences d’un Brexit dur ?
  • La City a perdu sa place de première place financière, au profit  d’Amsterdam ( 1 ), ce n’est pas une réussite.

En fait le nationalisme anglais, exacerbé par le parti conservateur a largement triomphé, et les médias l’ont souligné ! Au lieu de faire sa mutation, l’Angleterre qui risque demain de perdre l’Ecosse, a préféré se replier sur un passé glorieux, mais l’époque n’est plus où le soleil ne se couchait jamais sur les terres de sa majesté.

(1) Le Monde du 16 février 2021.