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Une génération perdue…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le siècle précédent a été marqué par une série de drames qui ont beaucoup perturbé la vie des lycéens et des étudiants. Deux guerres mondiales, des épisodes de colonisations et de décolonisations, en France l’occupation, la fin des guerres coloniales, mai 68(1)…

 

 

... A chaque fois des vies gâchées, sans avenir. En fait, il faut nuancer, la réalité étant plus complexe. Le sort de ces jeunes dépend d’abord de la région où ils habitent, toutes ne sont pas atteintes par ces troubles de la même manière. En période de guerre ou de troubles sociaux, il vaut mieux habiter dans une ville secondaire que dans une grande métropole. D’autre part les difficultés seront vécues différemment selon le milieu social du lycéen ou de l’étudiant, il vaut mieux être dans une famille bourgeoise ou dans une famille de notables que dans un milieu modeste, car on a plus de contacts et d’ouvertures comme fils de Ministre que le fils ou la fille d’un ouvrier d’usine.

Alors pour les quelques exemples cités ci- dessus, génération perdue, en fait si la situation a été souvent difficile pour beaucoup de ces jeunes, en particulier pendant la période de guerre ou les mois qui ont suivi, ils ont profité de la période de reconstruction pour récupérer une vie normale.

La situation actuelle est complètement différente. Les jeunes doivent faire face à une double peine : en premier lieu le chômage résultant de la crise économique dont on ne voit pas l’issue. Les gouvernements mobilisent tous leurs crédits et surtout les aides monétaires, indispensables mais non porteuses  d’avenirs. Cette crise est loin d’être finie, mais la pandémie due au coronavirus modifie complètement les règles du jeu. Il n’est plus question d’une aide temporaire pour se former, d’aller à l’étranger pour connaître une autre langue, de tisser des liens internationaux, les pays ferment leurs frontières, et se replient sur eux-mêmes, y compris des pays comme l’Allemagne qui disposait d’une puissante économie industrielle, laquelle ferme sa frontière avec le voisin immédiat comme la Moselle.

Tous les gouvernements accordent des aides, la France comme les autres ; mais le RSA (2) n’est pas accordé au moins de 25 ans, malgré toutes les demandes, on  va revenir vers le salaire minimum, idée largement débattue lors de la dernière élection présidentielle, parfois de manière démagogique par certains partis politiques, ce qui a retardé sa prise en compte par le gouvernement ; cela étant, compte tenu de la situation économique et sanitaire et de l’impossibilité de laisser sombrer les jeunes elle devra  cette fois mise être mise en œuvre. Un autre monde disent certains, mais lequel ? Aucun pays n’échappe à ce drame planétaire, sans le dire certains pays visent certainement la conquête des exoplanètes, demain peut- être, mais les garçons et les filles qui ont 20 ans aujourd’hui ne pourrons accepter cette situation si on veut éviter une révolte générale ?

  1. Mai 1968, révolution manquée en France…
  2. RSA  Revenu de Solidarité active, Le Monde 11 février 2021 « Malgré la crise le RSA jeunes n’est pas d’actualité ».