socials Twitter SDL Facebook SDL Vimeo SDL

Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Roger Peyrefite, ancien Ministre du temps du General a publié ce livre dans les années 1980. A l’époque, les analyses de celui-ci pouvaient paraitre prématurées. La Chine venait de sortir de la révolution culturelle, Mao Zedong venait de disparaitre et Deng Ziaoping devait d’abord s’occuper de mettre de l’ordre dans l’Empire, gérer les querelles internes au parti, développer l’économie et calmer la fronde des étudiants.

 

 

Quelques années plus tard l’homme fort du pays XI JINPING, tient d’une main de fer le milliard d’habitants et montre ses ambitions. Elles sont diverses, redoutables, de nature différente mais avec un seul objectif : assurer la puissance de la Chine et du rêve Chinois.  (1)

1/. Maintenir à tous prix l’’ordre intérieur. L’Epoque de la Place Tien- Anmen, juin 1989, est bien passé, le leader actuel ayant affirmé qu’il pouvait y avoir plusieurs sortes de démocraties, celle du monde occidental en étant une, quant à lui il a opté pour un régime fort dirigé par le parti communiste chinois. Au cours des dernières années son empreinte a été surtout marquée à Hong Kong et avec les musulmans Ouïgours, d’origine sunnite, vivant dans le Nord-Ouest du pays et dont un million serait dans des camps de rééducation…

  • Du temps de la présence Anglaise Hong Kong jouissait d’une grande liberté et vivait au milieu des autres nations avec une vocation financière internationale, ce que la Chine nouvelle ne pouvait pas supporter. Certes des accords et des promesses ont été faites au moment de la rétrocession, mais il fallait qu’Hong Kong soit une partie de la Chine soumise au même régime du pouvoir central que les autres provinces avec un pouvoir fort et refusant la liberté. Le drame n’est pas terminé.
  •  Il en est de même avec les Ouigours, population du Nord-Ouest de la Chine, qui pour Pekin ont le tort d’être musulmans, non communistes, n’acceptant pas les contraintes du pouvoir central d’où les violences pour qu’ils acceptent de rentrer dans l’ordre.
  1. /. Mais quand on veut s’assurer une emprise mondiale, il faut disposer d’une armée et d’une flotte importante, au cas où… c’est le « si vis pacem para bellum » de César. Les guerres de conquêtes ne semblent pas avoir la priorité pour Xi Jinping, du moins pour l’instant, mais les moyens sont disponibles : armée de terre, marine, aviation et arme atomique. Qui oserait attaquer la Chine, on n’est plus au moment de la guerre de Corée…ce qui lui permet de protéger des Etats plus petit comme la Corée du Nord
  2. /. Si on veut être grand il faut gagner de nouveaux territoires, soit par conquête comme Hitler soit par la conquête amicale, ce que semble avoir réussi la Chine : en envoyant des techniciens et en accordant des prêts dans des pays qui en manquent notamment en Afrique. La Chine pénètre ainsi les cercles du pouvoir, tisse des réseaux et confirme son implantation, non seulement dans des pays ayant de grands besoins d’investissements, mais dans tous ceux où elle peut espérer être présente comme Huwei en France (2) ou la route de la soie ce qui lui ouvre d’immenses chantiers. Par moment cette présence devient trop envahissante et des réactions de rejet se manifestent comme en Grèce avec le port du Pirée (3).

Alors demain la Chine sera partout dominante, Peyrefite avait raison ? Certainement si l’Europe ne met pas en place des mesures de blocage et si les deux autres empires, russe et américain ne réagissent pas. Pour le moment Vladimir a tendance à jouer la carte chinoise, car l’Europe a eu tort de ne pas engager un rapprochement quand il en était encore temps…

  1. Le jour où la Chine va gagner, la fin de la suprématie américaine, « Kishore Mahbubani » , auteur vivant à Singapour. éditions Saint Simon 2021, cité dans le Point du 18 mars 2021.
  2. Le Monde du 4 mars 2021 ;

(3 ) L e Monde du 12 mars 2021.