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Les projets de Boris Johnson…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Avec Boris Johnson toujours des surprises, depuis ses exercices publics dans une foire, en haut d’un mât ou dans la gestion de la mairie de Londres. Son dernier rapport ou disons son programme laisse perplexe non pas par les excentricités mais par les ambitions pour la Grande Bretagne...

 

 

... On est revenu à l’époque de la Grande Angleterre lorsque le soleil ne se couchait jamais sur son Empire.  Le 16 mars le Premier Ministre a Présenté un rapport sur l’avenir de la Grande Bretagne après le Brexit. Le Monde dans son édition du 18 mars, en a exposé les grandes lignes de ce projet ains que les premières réactions le 

 En premier lieu il traite de l’armée. Les opérations étant plus modestes, compte tenu du moins grand nombre de territoires à intervenir, elle avait perdu une partie de son importance, en particulier dans le domaine nucléaire. Johnson remet les choses en ordre : le stock d’ogives qui était de 180 sera porté à 260, au moment où Vladimir Poutine a annoncé il y a quelques semaines que les fusées russes pouvaient voler à 6 ou 7 fois la vitesse du son, ce qui rend obsolète les boucliers mis en place par certains pays. Aucune indication sur ce point, il est vrai que les Etats Unis ou la Chine sont très discrets sur ces nouvelles techniques, ce qui n’empêche pas le rapport d’affirmer qu’un monde sans armes nucléaires reste l’objectif (1)…de même que l’OTAN reste une priorité absolue, les Etats Unis restant le plus grand allié

Mais la puissance militaire n’est pas tout, car le rapport rappelle que l’Angleterre a toujours un secteur destiné à la recherche important la dernière application avec le vaccin anti-covid « Astra Zeneca » même s’il est contesté dans de nombreux pays. En fait, comme le dit le Monde, Johnson se verrait bien créer une Silicon Valley, dont l’Angleterre serait le moteur… Mais ses ambitions planétaires vont bien au-delà des considérations économiques et techniques.   Comme les USA, il regarde désormais plus à l’Est que vers l’Europe, en particulier le monde asiatique l’âge d’or avec Pekin semblant s’éloigner, c’est le monde Indien qui devient dominant, la Russie restant l’ennemi. Comme la presse occidentale l’a souligné, l’Europe n’a eu droit qu’à quelques lignes dans le rapport. Johnson Joue à plein l’éloignement avec le continent européen et l’Amérique du sud. Tous les grands pays resserrent leurs liens l’Angleterre refuse ce rapprochement, à terme elle a tort, mais dans l’immédiat l’orgueil et les souvenirs glorieux tiennent lieu de directive.  

Mais l’Europe se construit et n’a pas dit son dernier mot. Sans devenir le  4ème  Empire, car on l’a déjà dit , les groupes dominant cèdent un jour la place à d’autres ambitions, si ses membres veulent comprendre qu’un nouvel élan est possible, il sera peut être trop tard pour l’Angleterre qui risque d’avoir  perdu l’Ecosse et le Pays de Galle, de se joindre à cette entreprise.