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Boris Johnson, le Brexit, l’Ecosse et après…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Boris Johnson en rêvait, Maire de Londres n’est qu’une activité de second plan, il voulait être Premier Ministre, d’abord le départ de David Cameron après un scrutin raté, il s’est attaqué à Teresa May qu’il a réussi à éliminer, ensuite il a pris la tête du parti conservateur et il a obtenu le poste convoité.

 

 

Après quelques mois d’exercice que peut-on dire : le gouvernement tient, malgré quelques problèmes internes, la lutte contre la Covid 19 semble maintenant mieux gérée malgré une contestation sérieuse sur l’usage du vaccin Astra Zeneka par de nombreux pays. Boris Johnson peut être pour partie satisfait. Mais l’avenir présente encore des zones d’ombre. Certains dossiers risquent de ternir l’optimisme du Premier Ministre.

En premier lieu le Brexit n’a pas encore dévoilé toutes ses conséquences. Premier incident, la pêche pour le moment limitée à des accrochages autour de Jersey et Guernesey obligeant français et anglais à faire appel aux bateaux de guerre pour protéger leurs pécheurs, des discussions sont en cours dans la capitale de Jersey, mais pour le moment sans succès. On savait que les deux pays ne pourraient accepter la présence de l’autre sur les lieux de pêche Quelle sera solution durable ?

Le second problème est beaucoup plus important pour le Royaume UNI, celui de l’Ecosse. Indépendante jusqu’au 1er mai 1707 , fusionnée avec l’Angleterre depuis cette date, elle a permis de constituer le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Ecosse qui faisait un ensemble dominant et conquérant face à l’Europe. En tant qu’Européens on ne ressentait pas les tensions internes dans cette Union, tensions qui ont grandi au fil des années et demandé l’indépendance pour que l’Ecosse retrouve sa souveraineté d’autant qu’elle refuse le Brexit qui veut l’éloigner de l’Europe alors qu’elle veut en rester membre de l’Union Européenne. Un premier referendum en 2014 n’a pas donné à Madame Sturgeon la majorité nécessaire, mais cette fois ayant la majorité au Parlement d’Edimbourg elle a confirmé qu’un second referendum était nécessaire, ce qui a immédiatement été contesté par Boris Johnson. Il faut espérer qu’un accord interviendra, pour que l’Angleterre ne se trouve pas comme avec l’Irlande en 1920 !

 Les difficultés de Boris Johnson ne sont pas terminées car le problème de l’Irlande du Nord n’est pas réglé ni celui du Pays de Galles avec ses nombreux châteaux…

Mais pourquoi l’actuel Premier Ministre avec la majorité du parti conservateur se s’est lancé dans cette aventure du Brexit dont les conséquences étaient imprévisibles, alors que des accords négociés auraient permis de consolider le Royaume Uni ? mais l’orgueil des dirigeants…